Comment relancer la croissance sans augmenter le déficit public

 

La principale critique apportée au projet de Montebourg et consorts de relance de la croissance est que cela ne peut se faire sans augmenter simultanément le déficit public avec toutes les conséquences que l’on connaît.

Or, en s’inspirant de la TVA sociale, on peut imaginer une hausse assez importante de la TVA qui permettrait de baisser non pas les charges des entreprises, mais cette fois les impôts des français.

Une augmentation d’un point de TVA rapporte aux caisses de l’État 6,6 Milliards d’euros ; une augmentation de 3 points rapporterait donc près de 20 milliards. Si on ajoute à cela une diminution de moitié des niches fiscales relatives à la TVA qui se montent à 17 milliards, on arrive à une rentrée fiscale totale de 28 milliards. Notons que cette hausse de la TVA de trois points la porterait à un niveau qui est assez courant en Europe (la TVA est de 23% en Irlande, en Grèce, en Pologne et au Portugal, 24 % en en Finlande, 25% au Danemark et en Suède, et 27% en Hongrie).

Les impôts sur le revenu des français s’élèvent à 74,3 milliards. De sorte qu’une baisse de 28 milliards correspondrait à une baisse des impôts directs en France de 35%. Imaginons l’impact que cela pourrait avoir sur la consommation si les impôts sur le revenu diminuaient d’autant (même si la hausse de la TVA pourrait avoir une conséquence négative sur la croissance au moins dans le court terme).

Cette baisse des impôts qui entrainerait une forte hausse du pouvoir d’achat des français permettrait également de lutter contre les inégalités sociales en accordant aux plus défavorisés une baisse plus importante que la moyenne (peut-être jusqu’à 50%) et aux plus favorisés une baisse moins  importante (de l’ordre de 10%).

Cette baisse des impôts devrait conduire à un relance de la croissance, donc à un gonflement des carnets de commandes des entreprises et partant, à terme, une relance de leurs investissements, facteur bénéfique à nouveau pour la croissance.

Cette mesure devrait cependant s’accompagner de deux engagements : d’abord celui de l’État de faire des économies budgétaires supplémentaires de 4 milliards par an pendant cinq ans pour ramener à 20% la TVA sur cette période. Ensuite, l’engagement des français de veiller dans la mesure du possible à acheter en priorité français afin que l’augmentation de la consommation qui s’en suivra ne se fasse pas au profit des économies étrangères mais plutôt de celle de la France.

Résumons : à travers cette TVA sociale qui profitera aux français et non aux entreprises, on réalisera un forte baisse des impôts directs, une augmentation conséquente du pouvoir d’achat des français, une relance de la consommation et donc de la croissance et de l’emploi, une réduction des inégalités sociales et cela sans nuire en rien au déficit public.